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Melissa Petitjean empowhers

Qui es-tu?
Je m’appelle Melissa, j’ai 38 ans. Je suis ingénieure du son en post-production cinéma.

D’où viens-tu et où en es-tu actuellement?

Je viens de l’Est de la France, de Belfort plus particulièrement. Je vis à Paris depuis 20 ans.

Comment te considères-tu en 3 mots?

Energique
Indépendante
Angoissée

Quel est un jour “normal” dans ta vie?
Une journée normale est une journée avec des horaires [sourire]
Une journée normale c’est me lever relativement tôt, vers 7h30. Je travaille généralement assez loin de chez moi (45 min), j’y arrive vers 9h30.
Je déjeune avec l’équipe avec laquelle je travaille.
Je travaille jusqu’à 20h et je passe la soirée avec des amis, en dehors de la maison. La plupart du temps je vais voir des spectacles ou je passe du temps à faire des activités diverses, comme de l’improvisation théatrale que je pratique beaucoup.
Néanmoins étant intermittente du spectacle, il n’y a pas une journée qui ressemble à une autre.


Quelle expérience considérerais-tu comme la plus impactante dans ta carrière aujourd’hui?

En 2008 j’ai travaillé avec Arnaud Desplechin (un réalisateur) pour un remplacement pendant quelques semaines. Je n’avais pas beaucoup d’expérience et je me suis retrouvée projetée dans un monde du travail qui n’était pas encore le mien à l’époque. C’était dur mais ça m’a fait grandir rapidement.

Que ferais-tu différemment maintenant qu'il y a plusieurs années?
Il y a des moments où je serai moins spontanée, je prendrai la parole avec plus de recul et moins de volume. Je pense qu’il y a des moments où je n’ai pas été assez patiente.

Quel conseil partagerais-tu avec les jeunes?

Ne pas écouter les conseils qui ne font pas avancer.
Ne pas écouter les gens qui “soit-disant pour votre bien” disent qu’il ne faut pas faire ci ou ça.
Ne pas se laisser polluer par les autres dans ses désirs ou ses envies. Il faut écouter les opinions et conseils des autres, mais parfois savoir en mettre de côté.
Une autre choses importante : le rêve qu’on a un jour, notre rêve de vie, ne se réalisé par forcément de la manière dont on l’a pensé. Il faut savoir sortir de la case qu’on s’est fixée, savoir regarder et prendre la porte d’à côté, pour réussir à faire quelque chose de formidable mais différemment de la manière qu’on s’était fixée.


Comment priorises-tu les choses/tâches dans ta vie quotidienne?
J’essaie de ne pas avoir des priorités mais de donner la même place à la vie professionnelle et la vie personnelle. Pendant 10 ans j’ai donné la priorité à ma vie professionnelle, maintenant j’essaie que ça ait la même place.
Et je m’occupe de moi aussi.

Quelles sont tes facteurs clés de motivation?
La rencontre humaine. Le plaisir que je prends à faire quelque chose, quelque soit l’activité.
J’ai aussi une partie de ma motivation mue par l’argent car il faut bien pouvoir manger et avoir un toit.. Je ne peux pas en permanence faire des choses pas payées ou mal payées.

De manière générale, es-tu satisfait(e) de ta performance personnelle et/ou professionnelle aujourd’hui?
Non pas globalement. Je ne suis pas encore totalement satisfaite. Professionnellement ça va, mais personnellement pas trop car je l’ai mis de côté trop longtemps. J’ai l’impression d’être en retard.

D’après toi, quels sont les éléments clés pour finaliser des projets avec succès (d’un point de vue personnel et professionnel)?
Je suis très organisée. Je suis maintenant capable de ne pas être complètement perfectionniste, de savoir quels sont les besoins du projets sans y ajouter mes propres projections d’angoisse et de perfectionnisme.
C’est difficile de faire un projet que je n’aime pas. Quelque soit le projet que j’entreprends j’arrive à y trouver du plaisir. SI ce n’est pas le cas je ne le fais pas.
Je suis motivée par l’envie.

Comment gères-tu ton environnement personnel au vu de ton succès professionnel?
Aujourd’hui oui mais depuis peu. Ce n’est pas encore exactement comme je voudrais mais c’est assez équilibré maintenant.

Penses-tu que l’impact des femmes ait changé au cours des dernières années?
Cela dépend des gens, cela dépend à qui j’en parle.
J’ai eu un Cesar. Et malgré mon Cesar je dois continuer à faire mes preuves tout le temps.
J’explique beaucoup ce que je fais et c’est difficile à gérer. Malgré le succès professionnel, malgré le fait que je gagne bien ma vie, que j’aime ce que je fais, rien n’est jamais acquis. C’est ce point que les gens ont du mal à comprendre.
En effet dans mon métier tout peut être remis en question. Du jour au lendemain.
La place de la femme dans la société est très forte depuis toujours, sauf que maintenant on le dit. L’impact des femmes a toujours été là.
Certains hommes le disent, et je le pense aussi (et non pas par féminisme), je pense que ce sont les femmes qui font tourner le monde. Car elles font ce que font les hommes et elles en font plus. Aujourd’hui les femmes revendiquent qu’on le dise, que ce soit reconnu. Et elles commencent à occuper des places où elles sont reconnues.
Dans certains pays, ce sont encore exclusivement les femmes qui élèvent les enfants. Et c’est en élevant les enfants qu’on a le plus d’impact.

J’apporterai quand même un petit bémol. Le gros problème c’est qu’elles sont obligées de le revendiquer, que la reconnaissance ne soit automatique. La société, et non pas que les hommes mais les femmes aussi (parfois les plus misogynes sont des femmes), a encore besoin que les femmes fassent leurs preuves, qu’elles prouvent tout ce qu’elles font depuis des années.
Donc oui l’impact est plus grand, mais on est toujours obligés de faire remarquer que c’est une femme. Et ce n’est pas le cas si c’est un homme qui fait.


D’après toi, quel est l’élément clé sur lequel les femmes devraient se concentrer actuellement?
Sur elle-même et leur bien-être à elle. Elles devraient arrêter de chercher en permanence le bien-être des autres, et notamment des hommes.
Je pense que chacune devrait chercher ce qui est vraiment bon pour elle, réellement, sans chercher à répondre à des normes de société.
Par exemple c’est encore un problème pour la société si une femme ne souhaite pas avoir d’enfant. La société refuse de l’entendre et de comprendre pourquoi. Si la femme a le malheur de faire un choix qui est en dehors de la norme de société, elle est regardée bizarrement. Je pense à cette histoire d’enfants car c’est pour moi le truc le plus flagrant.
Est-ce que c’est valable aussi pour les hommes? Je ne sais pas.

Je pense que la place que tu as dans la société, c’est celle que tu te donnes Par exemple si les petites filles pensent dès leur enfance que ce n’est pas normal d’être en jupe car cela risque d’éveiller certains comportements chez les garçons, et non pas que c’est aux garçons de changer de comportement, là on a un problème.

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