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Karen Rivoire empowhers

Qui es-tu ?
Karen Rivoire, DRH International. Je suis en transition. C’est pour ça que j’ai un peu plus de temps que d’habitude.
Chercher un boulot, c’est un boulot en soi. J’apprends plein de nouvelles choses. Je m’occupe de mes enfants à temps plein, et c’est un vrai plaisir. Les ados ont autant besoin de temps que les petits, et je suis ravie de passer plus de temps avec eux. Car je n’ai pas toujours été présente.

D’où viens-tu et où en es-tu actuellement?
Je suis Anglaise, j’habite à Notting Hill.
Je suis en Angleterre depuis septembre 2015. Avant cela j’ai travaillé 17 ans en France, 5 ans en GB comme expat et 16 mois au Guatemala.

Comment te considères-tu en 3 mots?
Passionnée
Resiliente
Visionnaire

Quel serait un jour “normal” dans ta vie?
En ce moment c’est la rencontre avec plein de nouvelles personnes. Je viens de rencontrer une personne que je connaissais pas, un passionné qui a une boite dans le bien-être mental. Je vais voir comment je peux l’aider à monter son offre.
En ce moment une journée normale c’est rencontrer des gens nouveaux, les aider à résoudre leurs problèmes et les aider à mieux se vendre.

Quelle expérience considères-tu comme la plus impactante dans ta carrière aujourd’hui?
Intéressant, je viens justement d’en parler avec mon contact!
Les douze années chez Unilever : diversité et expérience. Et surtout l'autonomie.
Douze années, quatre ou cinq postes différents, deux pays différents avec des responsabilités nationaux, européens et globaux.
J’ai eu une très forte autonomie, dans un groupe très gros, qu’on peut imaginer très processé, mais j’ai pu mettre en place ce qui était important pour les équipes dont j’avais la responsabilité. Des projets sur les valeurs et la culture en 2003 bien avant que ça devient à la mode. J’ai pu innover, transformer et faire ce qu’il fallait pour soutenir et mettre en avant des hommes et femmes dans les équipes. Le travail au Guatemala avec des groupes de femmes a eu beaucoup d’impact sur moi aussi. On reviendra une autre fois!

Que ferais-tu différemment maintenant qu’il y a plusieurs années?
Des belles questions [rires..]
J‘aurais challengé plus “le club des hommes” (boy’s club) plus fortement. Il y a des moments où je n’ai rien dit, où je suis partie. J’aurais dû confronter plus. Ces discussions permanentes entre mecs, ces espèces d’ego qui excluent tout autre forme de différence. J’aurais du challenger plus.
J’ai travaillé avec un consultant spécialisé dans le coaching au féminin pour m’appliquer ce que je conseillais aux autres de faire.
Il y a plein de programmes à mettre en place, mais je pense que c’est à chacun de challenger ce qu’il y a autour de nous. Tant que les gens ne sont pas courageux, on n’avance pas assez.

Quel conseil partagerais-tu avec les jeunes?

Je pense à mes fils… Je ne leur donne pas trop de conseils, on est dans la discussion.
Défends ce à quoi tu crois, sois toi-même et ne laisser personne définir qui tu es.
Continue à chercher/trouver du sens dans ce que tu fais au quotidien.
On peut trouver du sens dans tout ce qu’on fait et avoir un impact positif quelque soit son métier.

Comment priorises-tu les choses/tâches dans ta vie quotidienne?Ca aussi c’est très intéressant comme question, notamment pour une RH qui a bossé sur ces sujets d’équilibre et prioritisation. Savoir comment se l’appliquer à soi-même un vrai challenge!
Comment je fais? J’applique des règles de vie qui marche pour notre famille, tout le monde est différent et doit trouver ce qui marche pour eux. On doit poser la question d’équilbre souvent à soi même et à son entourage( famille, équipe ) pour agir en plein conscience.
Ce qui marche pour moi c’est de parler avec ma famille, de poser des questions pour savoir comment je pourrais mieux faire, de ne pas travailler avant le petit déjeuner. Pas d’email entre 19h et 22h. Quand je suis avec mes enfants, je suis vraiment avec eux.
Voilà ce qu’on a essayé de faire pour notre contexte familial. Mon mari est mon garde-fou et me rattrape quand je dérape!

Quelles sont tes facteurs clés de motivation?[soupir] Je pense que je suis pas très originale dans mes motivations. J’adore ce que je fais et je veux être la meilleure dans ce que je fais.
Un psy US (Dan Pink) a catégorisé ces réponses en trois points
“Mastery” : j’adore que je fais, j’adore avoir de l’impacts - Encore plus en tant que RH qu’en tant que Marketeur
“Autonomy” : La liberté malgré les process - Possibilité de faire ce qu’il faut pour la région, le pays dans lequel je suis.
“Purpose” : Le sens - Comment je peux soutenir les équipes, leurs différences, faire en sorte que le business dans lequel je travaille génère des profits mais ait aussi un impact social positif
Le psy appelle ça les facteurs-clés de motivation.
Ma motivation principale est que j’aide les gens à naviguer dans l’entreprise afin qu’ils puissent contribuer au maximum de leur capacités.
Il faut simplifier des considérations émotionnelles, organisationnelles et politiques très compliquées.

De manière générale, es-tu satisfait(e) de ta performance personnelle et/ou professionnelle aujourd’hui?

Je ne suis pas contente actuellement d’être en transition.
Même si je trouve que la valeur de la transition est top car je rencontre des gens que je n’aurais jamais rencontré si j’étais en poste.
Néanmoins je suis très heureuse car j'ai du temps avec mes enfants, j’apprends des choses.
Cela donne des émotions un peu mixtes sur ma performance actuelle. Cependant je suis très fière de mon parcours et de l’impact que j’ai pu avoir. Je suis fière aussi d’avoir pu trouver des liens fédérateurs entre des personnes très différentes et surtout très fière d’avoir pu offrir à mes enfants la chance d'être bi-culturelle et ouvert sur le monde.
D’après toi, quels sont les éléments clés pour finaliser des projets avec succès (d’un point de vue personnel et professionnel)?
Chez Unilever on avait la possibilité de créer son propre modèle, j’ai inventé une méthodologie en 4P pour améliorer l’innovation des équipes :
Purpose 
: il faut que pour chaque projet ou chaque équipe, définit le sens qu’il veut donner à leur projet. L’articulation d'où on va et pourquoi est essentielle si on veut la contribution de tout le monde.
Priorities : 
les priorités doivent être très claires, il faut faire des choix. 
People 
: équipe diverse, avec des compétences qui ne sont pas le miroir du leader. Au contraire, des personnes qui challengent , osent dire la vérité et qui travaillent en équipe
Process 
: comment encourager les idées, où on va prendre les décisions, comment on va les prendre - il n’y a rien de pire que de voir son sort se décider depuis l’autre bout de la planète. Il faut que ce soit une compilation de petites équipes.

Penses-tu avoir un équilibre de vie entre l’aspect personnel et l’aspect professionnel ?
Il y a plein de questions, il faudrait demander à la famille et à l'équipe plutôt qu’à moi!
Aujourd’hui oui mais pas toujours.
Le problème que j’ai abordé tout à l’heure, c’est le problème de la présence.
On pense être présent car on essaie d’être discipliné, mais on n’est pas toujours présent dans sa tête.
Le challenge pour moi a été de jouer tous les rôles qu’une femme doit jouer. Je pense avoir été une bonne DRH, une bonne maman. Ai-je été une bonne épouse, ai-je fait assez de choses pour moi, à m'éclater? Je n’en suis pas certaine.
Je ne regrette rien mais ne suis pas sûre d'avoir été au niveau à tous les rôles.

Comment gères-tu ton environnement personnel au vu de ton succès professionnel?Déjà, chacun doit définir lui-même sa notion de succès.
Ma définition de succès je l’ai géré de manière différente selon l’âge des enfants. Après la naissance du troisième j’ai été au ⅘ , c’était vraiment très chouette. Il a fallu une énorme flexibilité à ce moment là, et c’est ce qu’il y avait de meilleur à ce moment là pour la famille
J’aimais bien de temps en temps pour travailler à la maison. C'était pour moi une super façon de gérer mon temps.
Ce que j’ai adoré, c’est d’impliquer les garçons dans ce que je faisais. Quand il y avait des journées parents/enfants, je faisais toujours en sorte qu’ils soient là (ils pensaient que je fabriquais des glaces Ben&Jerrys!).
Je faisais partie pendant plusieurs mois d'un groupe de réflexion sur l’avenir du travail, et j’ai fait créé un groupe de travail avec les enfants de collaborateurs du monde entier, pour changer un peu de la vision des hommes et de femmes de 30/35 ans. J’ai fait venir mes enfants, sauf l'aîné qui ne souhaitait pas venir. Ce projet là est resté, je me souviens des réponses de mon fils. Je pense que pour moi c'était génial, et pour eux aussi.
Ca les a aidé à comprendre le monde de l'entreprise, pour comprendre comment ça se passe.
Je pense que c’est primordial d’impliquer les enfants dans ce que tu fais pour qu’ils puissent avoir une lecture du monde du travail et l'éthique du travail.

Penses-tu que l’impact des femmes ait changé au cours des dernières années?Ouch…
Honnêtement jusqu’à il y a un an je pensais vraiment qu’on avait fait des progrès. J’ai eu la chance de travailler dans des boîtes où on a fait beaucoup sur ces sujets.
Je me rends compte qu’on touche le plafond mais on rebondit en bas (rubber ceiling ). On touche, on rebondit. On fait une marque mais on le perce pas vraiment. Je trouve qu’il y a trop de femmes qui n’arrive pas à résister pour différentes raisons. Moi j’ai eu de la chance, mon mari s’est arreter de bosser pour s’occuper des enfants.
Il y a des femmes qui veulent pas, ou qui peuvent pas.
Ca fait qu’on attire pas suffisamment de filles dans les métiers technologiques, il n’y a pas assez de role models,
Et c’est vraiment dommage surtout quand on regarde les performances des équipes diverses, notamment le manque à gagner en terme de performance et en terme d'ouverture d’esprit dans les équipes.
Je trouve qu’il y a encore beaucoup de progrès à faire.
Sans parler du contexte socio-politique avec les US qui rendent des choses et comportements inacceptables presque acceptables.
Je pense qu’on en verra jamais le bout mais qu’on pourrait faire beaucoup mieux

D’après toi, quel est l’élément clé sur lequel les femmes devraient se concentrer actuellement?
Tout d’abord : challenge et courage. Par définition il y a plein de choses qu’on peut faire au long terme et dans l'éducation. mais au quotidien il faut qu’on soit ouvertes, courageuses pour relever des choses au quotidien où on sent que ça va pas.
Les femmes doivent continuer à s’intéresser à pleins de sujets.
L’avenir c’est aux multi-experts et je pense que les femmes sont particulièrement douées pour s’intéresser à plein de sujets.
Ce n’est pas l'académique contre tout le reste. N’essayez pas peur de choisir une voie vs. une autre. On est dans un monde où il faut qu’on s’intéresse à plein de choses : on peut faire du piano, du sport et des études académiques brillantes.

Je pense qu’il faut que le sujet de diversité dans les organisations doit être une priorité stratégique et que les solutions viendront avec plus d’écoute, plus de collaboration entre des industries différents et moins de stéréotype dans les médias. On doit agir maintenant car le développement de l’intelligence artificielle développée par des équipes peu diverses va faire que les produits et services ne sont pas adaptés. Et pire les problèmes de discrimination et de haine vont être multipliés de façon exponentielle!

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Je me définirais comme une humaniste, qui veut « Faire » et « Réfléchir » avec les autres sur comment construire un monde positif et libre.

Professeur des universités au Cnam et Professeur affiliée à l’ESCP Europe, je suis enseignant-chercheur et conférencière en entreprise sur « Manager et former à l’ère du numérique ».
En 2015, j’ai co-fondé et dirige aujourd’hui une chaire d’entreprises, le Learning Lab Human Change, hébergée au sein de la Fondation du Cnam, qui accompagne les organisations dans la transformation numérique des RH et du management en mettant l’Humain au centre. Autrement, je dirige, au niveau national, la filière RH du Cnam.

Passionnée d’innovations pédagogiques, depuis 4 ans, je transforme chaque année, le MOOC « du manager au leader » (plus de 140 000 inscrits dans 48 pays) pour présenter les tendances managériales et les compétences stratégiques. Cette année, en plus des fondamentaux, nous avons lancé le thème de « Manager avec le Design Thinking » ou « …